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Page 21 - Filles et fils de 14

Filles et fils de 14
Maudite soit la guerre
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Décimation
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Une guerre barbare

 
Comment expliquer cette barbarie à peine déguisée, orchestrée dès le  début du conflit  par le  haut commandement d’une  des armées les plus  modernes du monde  à l’époque - armée républicaine de surcroît, composée   essentiellement de réservistes - ?   La réponse se trouve peut-être dans cette injonction provenant, le 3  septembre 1914,  du  grand état-major, aux abois : "- Une troupe qui ne  peut plus avancer devra coûte que coûte garder le terrain conquis et se  faire tuer sur place plutôt que de reculer. Dans les circonstances  actuelles, aucune défaillance ne peut-être tolérée.  Général Joffre - ".  La  désorganisation  de  la retraite ne peut pas être  elle la seule  explication de cette violence paranoïaque à l’encontre de soldats qui  tout compte fait ont  admirablement « tenu le coup » . La retraite,  selon le général Lanrezac, ne s’est pas faite en désordre : elle  a  notamment permis la victoire de la Bataille de la Marne, et l’arrêt du  déferlement allemand. Il semblerait que cette « barbarie » dans l’armée  s’installe  en écho    à la terrifiante invasion allemande en Belgique et aux effroyables  exactions de son armée à Tamines, Andenne, Neffe et tant d’autres  villages dont la population a été massacrée. Elle rappelle la violence  des génocides arméniens, namibiens, congolais, les massacres  en Afrique  du Sud, l’extermination des tribus indiennes d’Amérique du Nord … la  liste est longue  qui eurent lieu sensiblement à la même époque et qui  furent  perpétués par les mêmes empires.  Dès le début, la guerre de  14-18 s’inscrit dans une suite  logique  de génocides   qui correspond  malheureusement à la continuation d’une stratégie meurtrière  caractéristique du développement colonial, de l’expansion industrielle,  de l’impérialisme sauvage  comme outil d’extension des marchés au  service d’un  capital centralisateur  ruinant les économies vivrières   de proximité et pillant les ressources.  Cette violence est la marque  originale et  indélébile  des  débuts de la mondialisation. Elle va  générer  les politiques revanchardes d’après-guerre qui vont aboutir au   Traité de Versailles en 1919 dont on connaît bien maintenant les  conséquences désastreuses .
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