" Honte à cet effronté qui peut chanter pendant que Rome brûle !
Elle brûle tout le temps ! "
Chanson posthume de Georges Brassens
Un petit coin de parapluie ...
Nous sommes en été 2002, dans le nord du Portugal , à Villa Nova, invités dans leur maison par nos amis de Porto. Nos plus jeunes enfants se retrouvent et s’inventent je ne sais plus quel jeu. Sur les marches de l’entrée, ils se saisissent soudain d’un parapluie pour s’improviser une sorte d’abri. Le moment saisi est charmant. et instantanément me revient à l’esprit une chanson de Georges Brassens qui est restée dans un coin de ma tête depuis quarante ans : Un petit coin de parapluie, pour un coin de paradis …
Les chansons du Sétois à l’aube de mon adolescence construisaient déjà une façon d'appréhender tout un cheminement: elles m’ont poursuivi toute ma vie durant. D’abord pour ses paroles dont je redécouvre encore toute la subtilité, mais aussi pour ses musiques, entraînantes, inventives et enjouées. Ces airs enivrants me reviennent toujours en rengaine. Souvent lors de promenades paresseuses dans les rues et les jardins, j’en fredonne volontiers les couplets en y ajustant mon pas.
La musique berce nos existences. Sans doute en est-il de même des maîtres de l'image qui nous guident lorsqu’on photographie. Ce sont souvent les situations identiques déjà identifiées par le regard acéré de ces maîtres qu’on cherche à reproduire quand on reste à l’affût d'une émotion semblable. Combien de répliques du "Baiser de l’Hôtel de Ville " (Robert Doisneau) sommeillent nos albums photo ?
Vers 2015, je prends le temps d’étudier sur une guitare de façon plus approfondie la complexité de l'œuvre de Brassens afin d'en comprendre davantage l'impact sur de vagues inspirations. Je tente alors de reproduire gauchement quelques-unes de ses chansons. Je redoute que le résultat de ce travail un peu bâclé soit jugé comme une sorte de profanation au regard de la qualité des compositions originales et de l'exigence des enregistrements d'époque. En toute conscience, je ne cherche évidemment pas à égaler une telle perfection. Je veux juste signifier comment Georges Brassens a planté un peu partout les innombrables graines susceptibles de fleurir la vie de ses émules, Tout comme un baume, ses chansons ont sensiblement égayée mon existence en y infusant cet air d’humanité, d'espérance et de jubilation propre au fabuleux ménestrel. Toutes les images associées ici aux chansons du poète peuvent sembler un brin décalées. Sauf le respect que je lui dois, j'y retrouve pour ma part la marque d' une certaine filiation...
à mon ami, Jean-Roger Vialard ...
Une écoute au casque est préférable